Étude sur la Ville et le Genre (Métropole AMP) : L’Aménagement comme accélérateur des inégalités

Étude de l’Agence d’Urbanisme de l’Agglomération Marseillaise (AGAM) sur la Ville et le Genre et les inégalités que vivent les femmes dans l’espace public urbain. Cette étude de décembre 2020 est basée sur l’aménagement urbain de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Elle a pour objet d’identifier les actions à mettre en œuvre et à prioriser pour répondre à cet enjeu. Il existe des différences de pratique de l’espace urbain. On a une appropriation de l’espace urbain en fonction du genre. Or, il faudrait utiliser des leviers permettant de façonner une ville plus inclusive, pour les femmes et pour toutes les catégories de la population. La question de l’aménagement est essentielle pour favoriser l’égalité de manière uniforme sur nos territoires. 

La ville a été pendant très longtemps imaginée et construite par des hommes, selon une vision, des pratiques et expériences proprement masculines. Il est donc plus compliqué d’en changer le fonctionnement ainsi que les pratiques. Cette conception androcentrée de la ville a produit des inégalités dans le sens où elle peine à intégrer les besoins et spécificités des femmes. 20% de femmes ont été élus maire en 2020 à l’échelle nationale (+ 3 points), 19% à l’échelle de la Région PACA (+3,5 points) et 13% sur Aix-Marseille Provence. 

Depuis la loi du 4 août 2014, les collectivités ont l’obligation de présenter préalablement au débat d’orientation budgétaire, un rapport annuel sur la situation de l’égalité entre les femmes et les hommes sur leur territoire. C’est dans ce contexte que la Métropole Aix-Marseille Provence s’intéresse aux inégalités femmes-hommes, et aujourd’hui au processus de fabrication urbaine pour façonner une ville plus inclusive. 

La mobilité des femmes est principalement orientée vers l’accomplissement de tâches domestiques, ainsi que des achats. La mobilité des hommes est tournée davantage vers la carrière professionnelle. Sur le réseau de la Régie des Transports Métropolitains (RTM), les femmes représentent : 59% des usagers du métro, 58% des usagers du tramway, 57% des usagers des bus. Comme le constate Chris Blache, « les femmes ne sont pas absentes de l’espace public, elles en développent une occupation particulière. Elles gèrent les fonctions d’accompagnement, les courses, les enfants. Elles sont rarement dans une situation de flânerie ou de détente ». 

La non-mixité des pratiques sportives amène les deux sexes à se séparer totalement dès l’adolescence, souvent au détriment des filles. De même, on a une appropriation inégalitaire de l’espace en milieu scolaire. Selon une étude menée par Yves Raibaud, “75% des budgets de loisirs bénéficieraient de facto aux hommes, tandis qu’une autre étude menée en 2016 par la ville de Genève a révélé que 70 % des subventions sportives allouées par la ville bénéficiaient uniquement aux hommes. L’essentiel de la ressource publique serait ainsi consacré au sport masculin”. 

Le sentiment d’insécurité influe bien souvent sur les pratiques des femmes. En 2015, selon une enquête menée par le Haut-Commissariat à l’Égalité, 100% des femmes sondées ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexiste ou d’agressions sexuelles dans les transports en commun.

Il convient à l’avenir d’agir sur les points suivants : Renouveler les pratiques, favoriser la mobilité des femmes, renforcer l’inclusion des femmes en valorisant leurs actions, repenser l’aménagement de l’espace public en favorisant le « brassage » des sexes. 

Pour plus d’informations : 

https://www.agam.org/wp-content/uploads/2021/02/Rapport-complet-Ville-et-Genre-AMP2020.pdf